Faiblesses de la finance islamique et vision de développement de la microfinance L’expert Mansour Ndiaye réclame la sensibilisation et la réglementation du secteur de la finance par l’Etat

  Source: DAKARACTU.COM   |     17 Déc 2013 10:12

Ancien candidat à la présidentielle sénégalaise de 2012, ancien membre de Benno Book Yaakaar, Mansour Ndiaye, l’expert en finance islamique et directeur du cabinet d’expertise en microfinance ASCODEV (Assistance consulting for developement), a fait l’analyse de son milieu évolutif.

A travers un communiqué, il a esquissé les opportunités et entraves du secteur, demandant aux autorités étatiques de mettre en place un système politique de sensibilisation et de réglementation de la finance.

Selon l’Expert en finance islamique Mansour Ndiaye, la finance islamique est encore très timide au niveau des pays africains, notamment le Sénégal pourtant à majorité musulmane. « Et le paradoxe réside du fait que ces pays en voie de développement auraient besoin de cette manne financière en dépit des expériences -encore timides- avec la banque islamique et la PAMECAS » a-t-il souligné. Il a aussi déploré le manque de volonté politique, dans ce sens, de la part de nos dirigeants sur un système qui pourrait faciliter aux populations notamment celles en milieu rural, l’accès aux financements sans taux prohibitif, qui tournent toujours en rond, depuis la conférence de l’OCI tenue au Sénégal.

« Notre pays regorge d’experts en finance qui ont des qualificatifs, mais le malheur est que le Sénégal, toujours accro à l’expertise française, est entrain d’attendre encore la France pour espérer décoller dans ce secteur » fait-il remarqué.

Le communiqué révèle aussi l’ambition du leader du parti centriste Dooley Yaakaar est de faire du Sénégal un « hub » de la finance islamique en Afrique de l’ouest. C’est d’ailleurs pourquoi il s’indigne du fait que les « experts en finance islamique de formation soient laissés à la périphérie, ce qui fait qu’aujourd’hui le secteur est pollué par certains spécialistes ‘’modèles France’’, formatés à l’économie occidentale.

Malheureusement, note l’expert Mansour Ndiaye, ce sont ceux-là qui retardent la machine, qui tendent de plus en plus à s’implanter au Sénégal.

Dénonçant le taux prohibitif des intérêts de la finance classique, Mansour Ndiaye, via sa cellule de communication, n’en reconnait moins l’échec financier patent dû au fort taux d’impayés de la microfinance.

« Pour la simple raison que les bénéficiaires confondent toujours financement et charité. Or la finance islamique ne signifie pas charité. Même dans la jurisprudence de la charia, Dieu dit qu’il ne faut pas confier les richesses à des incapables » éclaire-t-il. Il a aussi ajouté que la finance islamique est plutôt une pratique objective qui repose sur des jeux d’intérêts qui permet à chacun de fructifier cet est un outil, qui mérite vraiment d’être connu et promu au Sénégal.

Abordant le rôle de l’Etat dans ce système pour conclure, l’expert en finance islamique et non moins leader du parti politique UDR/Dooley Yaakar demande aux autorités de faire des efforts de sensibilisation dans ce sens surtout en pensant à la réglementation du secteur.