Interview du Directeur de la Microfinance avec le journal Lejecos

  18 Jan 2021 11:01

« La Plasepri II vise à créer une plateforme technique et financière pour contribuer au développement des Micro Pme sénégalaises, tout en renforçant le potentiel économique local et celui de la diaspora Sénégalaise. »

Le Directeur de la Microfinance et Responsable national de la PLASPEIR II, Mr Oumar Cissé, est revenu sur le programme PLASEPRI/PASPED et son apport dans la lutte contre la pandémie COVID19. Interview réalisé avec le journal de l’Economie du Sénégal (Lejecos.com).

Pouvez-vous nous faire une présentation de votre Programme ?

Le Programme PLASEPRI II s’inscrit dans la continuité de l’expérience positive de la coopération bilatérale entre l’Italie et le Sénégal, instaurée dans le cadre du Programme bilatéral PLASEPRI (Plateforme d’Appui au Secteur Privé et à la Valorisation de la diaspora sénégalaise).

Etant sous la responsabilité de la Direction de la Microfinance (DMF), ce Programme vise à créer une plateforme technique et financière pour contribuer au développement des Micro PME sénégalaises, tout en renforçant le potentiel économique local et celui de la diaspora Sénégalaise.

Le PASPED (Projet de Contraste à la Migration Irrégulière à travers l’appui au secteur privé et à la création d’emplois au Sénégal) vient en appoint à la PLASEPRI II, grâce au financement de l’Union Européenne, dans le cadre du Fonds Fiduciaire d’Urgence en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique. La convergence entre la PLASEPRI II d’une durée de 4 ans (2018-2021) et le PASPED d’une durée de 3 ans (2019-2021) s’exprime à travers un Programme Global Unique.

Ce Programme s’appuie sur trois (3) sources de financement venant de l’Etat du Sénégal, de la République d’Italie et de l’Union Européenne, d’un montant total de 41 Millions d’euros, soit environ 27 Milliards FCFA, répartis comme suit :

  • Le Gouvernement d’Italie, à travers un crédit concessionnel de 13 Millions d’euros, soit 8,515 Milliards FCFA ;
  • Le Gouvernement du Sénégal, à travers le Ministère des Finances et du Budget, par la mise à disposition d’un Fonds Revolving, égal à 13 842 166 euros, soit 9 Milliards FCFA ;
  • L’Union Européenne, avec le financement du PASPED dans le cadre du Fonds Fiduciaire d’Urgence, sous forme d’un don de 14 303 200 euros, soit 9,36 Milliards.

Le crédit concessionnel de la République d’Italie et le Fonds Revolving du Gouvernement du Sénégal étant destinés, en partie, à alimenter les lignes de financement.

Quelles sont les composantes principales du Programme Global Unique (PGU) ?

Le PGU renferme quatre composantes principales à savoir :

  • Assistance technique, aux institutions de microfinance de même qu’aux structures d’appui aux MPME identifiées pour offrir un accompagnement technique adapté en amont et en aval au financement des MPME,;
  • Les Bourses et foires de travail, à travers la mise en place d’un système incitatif pour l’insertion de jeunes formés sur le marché du travail par l’octroi de bourses d’études/stages. La mise à jour de la stratégie est portée par le Ministère en charge de l’emploi et de la formation professionnelle pour soutenir l’accès des jeunes au marché du travail et la réalisation de foires d’emploi ;
  • Enfin, la Mobilisation de la diaspora sénégalaise en Europe, et spécifiquement en Italie, pour investir au Sénégal: à travers l’amélioration du système d’information économique et la consolidation des bureaux d’appui aux résidents sénégalais, en coordination étroite avec les BAOS.

Dans un contexte de pandémie, le programme a-t-il déployé un plan d’accompagnement ou de relance des activités des MPME impactées ?

En relation à la situation de crise sanitaire de la COVID 19, il a été proposé l’utilisation de la rubrique budgétaire « Investissement Premium aux MPME », déjà prévue dans le cadre des activités du Programme, sous une procédure d’urgence conforme aux procédures UE comme une réponse à la pandémie.

Il s’agit d’apporter une contribution au soutien du secteur privé sous forme de subventions pour limiter les impacts de la pandémie et favoriser le redémarrage des activités tout en maintenant les emplois.

Ainsi, le dispositif mis en place à pris en compte les secteurs Primaire (Agriculture), l’Agroalimentaire, la Santé et le Para-sanitaire.

Cependant, pour être éligibles les entreprises devaient être formalisées et reconnues juridiquement avant la date du 31/03/2020, et détenir un compte courant au nom du sujet juridique qui recevra la subvention. Il faut ensuite, avoir une capacité de gestion d’un niveau satisfaisant notamment disposer de documents de comptabilité financière. La solidité financière est également prise en compte et elle est évaluée sur la base de : Etats financiers ; inexistence de crédits impayés antérieurs à la date du 01/02/2020. Une auto déclaration sera demandée à chaque entreprise.

La subvention est subdivisée comme suit :

  • 60% dédiés à l’investissement et au Fonds de roulement ;
  • 20% dédiés à la « production solidaire » ;
  • 20% dédiés à la Prime, allouée aux entreprises qui auront respecté les engagements.

La production solidaire doit être en faveur de la communauté d’implantation de l’entreprise sous forme de responsabilité sociétale, et ainsi apporter aussi leur contribution par rapport à la riposte de la pandémie COVID 19.

A ce jour, la Commission Ad Hoc mise en place pour l’identification des entreprises a tenu 6 séances qui ont permis d’attribuer l’intégralité de la première tranche de 2 Millions d’euros au bénéfice de 136 MPME réparties dans les régions de Dakar, Thiès, Diourbel, Saint Louis, Kaolack et Louga.

Quelles autres activités phares avez-vous mis en place ?

Parallèlement aux mesures prises face à la situation de crise sanitaire liée à la COVID 19, le Programme a octroyé, sur sa composante 1 à savoir l’Assistance Financière une enveloppe de 1 644 643 581 FCFA aux MPME Sénégalaises, à travers ses lignes de crédit dédiées aux PME et aux Institutions de Microfinance.

Aussi, sur la composante 3 à savoir les Bourses et Foires de travail, 1200 bourses de stage ont été mises en place, en relation avec les Agences Régionales de Développement des régions de Dakar, Thiès, Louga, Kaolack, Saint-Louis et Diourbel, au  profit des jeunes diplômés.

Source : Lejecos.com