Journées annuelles de la micro finance : L’éducation financière et la protection des usagers en question

  Source: Anaïs TANKAM (Stagiaire) - WALFADJRI   |     05 Déc 2011 03:12

« Education financière et protection des usagers des services financiers : quels enjeux pour la viabilité des Sfd », c’est sous ce thème que la première édition des journées annuelles de la micro finance (Jam) a décidé de se pencher. Le client est, ainsi, mis au cœur des préoccupations de l’association des professionnels des systèmes financiers décentralisés. En effet, le secteur a connu une très forte avancée depuis 2005. Les dépôts collectés par les institutions de micro finance sont passés entre 2005 à 2011 de 63 milliards de francs Cfa à 152 milliards de francs Cfa. Sur la même période, l’encours de crédit est passé de 81 milliards à 178 milliards. Le nombre de membres des Sfd se chiffre aujourd’hui à environ 1,5 million contre 683 mille en 2005. Aussi, le taux de pénétration est passé de 6 à 12 % sur la même période. Mais, si le poids de la micro finance a connu cette croissance ces dernières années, la ministre de l’Entreprenariat féminin et de la Micro finance, Seynabou Ly Mbacké, ne s’en contente pas. « Malgré les avancées notables enregistrées, le chemin vers l’inclusion financière reste encore long et parsemé d’embûches », a-t-elle déclarée hier à l’occasion de l’ouverture de la première édition des journées annuelles de la micro finance (Jam), à Dakar.

Ainsi, pour Seynabou Ly Mbacké, le challenge de la micro finance, qui renvoie aussi à l’originalité de ce secteur et qui le différencie du simple secteur bancaire, tient à des préoccupations sociales. Il doit pouvoir concilier des performances financières et des performances sociales. Car, un défi que le Sénégal vit actuellement, a-t-elle ajouté, réside dans « la crise éthique et identitaire que traverse la micro finance ». En effet, précise le ministre, « la crise financière mondiale, qui est devenue une crise économique, a aggravé la situation des populations et a entraîné une baisse des investissements en Afrique et de l’Aide publique au développement (Apd) ». Cette crise, notamment liée aux spéculations et dérives causées par un surendettement, a fait l’objet d’une attention toute particulière pour cette première édition des Jam.

Et comme début de réponse, le chef de file des bailleurs de fonds, Alima Sanogo Touré, présent hier, a décrit les principes de la « Smart campaign » visant la protection des usagers des services financiers et allant dans le sens de la consolidation d’une finance responsable. Ces principes concernent, entre autres, la fixation des taux d’intérêt, la sécurité des systèmes d’information et de gestion, l’élaboration d’un code de déontologie, la formation des acteurs sur les mécanismes de protection financière, ou encore la transparence financière.