Kaolack: les taux d’intérêt élevés décriés par les clients des banques

  Source: PON/AD - APS   |     08 Août 2014 09:08

Kaolack, 7 août (APS) – Des clients et usagers des banques et institutions de micro-finance ont pointé du doigt les taux d’intérêt élevés pratiqués et la cherté des frais à la mobilité bancaire, jeudi à Kaolack (centre), au cours d’une réunion publique d’information organisée par l’Observatoire de la qualité des services financiers (OQSF)

La rencontre entre les clients et opérateurs financiers initiée par les responsables de l’OQSF a permis à la quinzaine d’intervenants de souligner la nécessité pour les banques et mutuelles de crédits de revoir à la baisse leur taux d’intérêt et de faciliter l’obtention de l’attestation d’engagement et de non engagement pour les adhérents qui veulent changer d’établissement.

Les usagers et clients des institutions financières de Kaolack ont également dénoncé le déficit d’informations ‘’artificiellement entretenu par certains banquiers’’ et l’inexistence de service d’accueil de qualité.

Ils ont également indexé la quotité élevée appliquée, les méthodes jugées inappropriées de recouvrement des créances par certaines institutions financières, les contraintes liées au caractère surdimensionné des garanties, etc.

Des commerçants ont, avec force détails et versant des larmes, partagé leurs ‘’misères’’ nées de l’impossibilité de s’acquitter de leurs dettes bancaires du fait de catastrophes comme l’incendie du marché central de Kaolack qui a ravagé tous leurs biens.

‘’Les banques ont appauvri la majorité des commerçants de Kaolack trainés devant les tribunaux pour paiement de prêts qu’ils peinent à rembourser du fait du récent incendie dont les dégâts sont évalués à quelque 3 milliards de francs’’, a indiqué Ibrahima Fall, ancien émigré et trésorier de l’Association des commerçants du centre commercial de Kaolack.

 »La facilitation des systèmes de crédit aux petites et moyennes entreprises, le souhait de voir les banques devenir des institutions d’accompagnement et non de profit, l’amélioration de l’accueil du client ont aussi été des griefs soulevés par les intervenants à cette réunion présidée par l’adjoint au développement du gouverneur Abdou Aziz Diagne.

Dans leurs réponses, les représentants des agences régionales de banques et d’institutions de micro finance ont reconnu la récurrence de la question sur le taux d’intérêt élevé.

Ils ont ainsi tenté d’apporter des éclairages sur les griefs relatifs à la délivrance des attestations d’engagement et de non engagement et invité les clients à mieux lire les contrats avant toute signature.

 »Les mêmes interrogations ont été faites aux banques et institutions de micro-finance lors notre passage mercredi à Kaffrine », a indiqué François Mame Samba Ndiaye, l’expert juridique à l’OQSF abritant la Médiation des banques, des institutions de micro-finance et de La Poste.

Il a rappelé que le taux de l’usure est de 15% pour les banques et 24% pour les institutions de micro finance.

Accompagné de son collègue Aliou Diop, M. Ndiaye a indiqué que les tournées régionales de sensibilisation sur les modalités et conditions de saisine du médiateur des banques en cours permettent de montrer aux populations l’existence d’un mode alternatif de règlement des conflits notés dans les services financiers.

 »A côté du mode classique de règlement par la justice qui est long et coûteux, la médiation des banques propose une formule plus souple pour résoudre les difficultés et aplanir les relations entre clients et établissements financiers », a indiqué M. Ndiaye.

 »Nous venons ainsi créer un cadre d’écoute et d’échanges, un plateau à travers lequel les opérateurs apportent des réponses aux questionnements des usagers pour prévenir les litiges pouvant compromettre les relations de clientèle » a indiqué M. Ndiaye qui a salué le souhait des deux parties de poursuivre la tenue de ce genre de rencontres.

 »Le médiateur des banques, des institutions de micro-finance et de La Poste est équidistant et traite avec diligence les dossiers soumis gratuitement par envoi postal, e-mail, par téléphone, etc. dans un délai allant de 24 heures à deux mois », a souligné l’expert juriste.

 »La médiation des banques est donc un mode alternatif de règlement amiable, équitable et diligent des différends individuels opposant un client ou usager personne physique ou petite entreprise telle que définie dans la loi d’orientation relative à la promotion et au développement des PME », a dit M. Ndiaye.