La pérennité de la microfinance passe par la validité de ses institutions (officiel)

  Source: ADE/ASG - APS   |     15 Oct 2012 02:10

Mbour, 12 oct (APS) – La pérennité du secteur de la microfinance passe par la validité de ses institutions qui avant tout sont des entreprises qui doivent à terme se passer des subventions de l’État et des bailleurs de fonds et assurer leur rentabilité, a indiqué Ibrahima Diouck, directeur de cabinet du ministre de la Femme, de l’Enfance et de l’Entrepreneuriat féminin.

M. Diouck s’exprimait vendredi à Saly (Mbour, ouest), à l’occasion du lancement des travaux de l’atelier national de concertation sur la tarification des Systèmes financiers décentralisés (SFD) ou institutions de microfinance du Sénégal.

C’est conscient de l’importance du secteur et soucieux de démocratiser l’accès aux services à la majorité de la population que le ministère de la Femme, de l’Enfance et de l’Entrepreneuriat féminin a organisé cette rencontre avec l’essentiel des acteurs du secteur de la finance décentralisée, a-t-il dit.

« Cette concertation sur les taux d’intérêt en perspective de la sécurité alimentaire […] est la première du genre au Sénégal. La finalité étant de contribuer de façon efficace à l’amélioration de l’accès des populations défavorisées à des services financiers viables et pérennes », a-t-il souligné.

Selon M. Diouck, l’État du Sénégal ne demandera jamais aux institutions de microfinance d’appliquer des taux qui les mettent en péril. « L’État a le devoir d’assurer l’inclusion financière de tous les citoyens, où qu’ils se trouvent sur le territoire national », a fait remarquer Ibrahima Diouck.

« Près de 80% de la population totale du Sénégal n’ont pas accès aux services de banques et des SFD, malgré les efforts considérables consentis par les acteurs mais aussi par l’État et les partenaires techniques et financiers », a-t-il signalé.

« Des sous-secteurs de croissance, créateurs d’emplois et à forte valeur ajoutée comme l’agriculture et les petites et moyennes entreprises sont faiblement financés à cause souvent de risques élevés liés à la nature des activités et à l’absence d’encadrement des cibles. De plus, certaines couches défavorisées de la population, notamment les jeunes et les femmes, peinent à réunir les garanties nécessaires pour accéder à des prêts », a relevé M. Diouck.

Pour sa part, Fayol Dioum Tall, conseillère technique au ministre de l’Économie et des Finances chargée de la microfinance, indique que l’L’État du Sénégal s’est « résolument engagé » à poursuivre les efforts consentis pour soutenir la viabilité institutionnelle et financière des SFD.

« Le président de la République Macky Sall, s’inscrivant dans la riche pratique réglementaire du Sénégal et de l’UEMOA relative à la lutte contre l’usure […], a exprimé à la tutelle des SFD l’attention particulière qu’il attache au suivi des taux pratiqués dans le secteur de la microfinance », a déclaré Mme Tall.