Entretien du Ministre de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire avec le journal Rewmi

  01 Oct 2020 04:10

Les institutions de microfinance injectent mensuellement plus de 35 milliards de francs Cfa directement dans les activités économiques du pays, soit environ 420 milliards par an. La révélation est faite par le ministre de la Microfinance, de l’Economie sociale et solidaire, Zahra Iyane Thiam. Entretien !

Le président Macky Sall a présidé, avant-hier, le Conseil présidentiel sur la relance de l’économie. Qu’est-ce qu’on peut retenir de cette rencontre ?

Ce qu’on peut retenir c’est d’abord principalement deux choses. La première, c’est que le président de la République, Macky Sall, comme à son habitude, a toujours prôné le processus participatif et inclusif. Il a toujours, avant de prendre les décisions majeures, associé à la réflexion, à la contribution toutes les forces vives de la nation. C’est ce qui a été fait également avec le plan de relance piloté par le ministère de l’économie  qui, après avoir rencontré l’ensemble des acteurs du Sénégal, a compilé de nouvelles orientations sur la base du Pse dans sa partie PAP 2. Le PSE subdivisé en quatre PAP (Plan d’action prioritaire) et donc nous en sommes à sa phase 2. Ça, c’est un premier élément donc un processus participatif, inclusif à l’image de ce que fait le président pour toutes les décisions majeures. Parce que la pandémie est une affaire nationale et vous l’avez vu, autour de certaines questions, toutes les forces vives se sont retrouvées au palais de la République pour discuter avec le chef de l’Etat.

Et c’est quoi le deuxième élément ?

Le deuxième élément, ce sont les enseignements que nous tirons de la Covid-19. Quelles sont nos vulnérabilités ? Quelles sont les nouvelles priorités ? Le nouveau redimensionnement que nous devons avoir des actions prioritaires pour d’abord revenir sur la croissance qui a pris un coup avec le ralentissement ou quelque fois l’arrêt de l’activité économique mais également maintenir cette croissance et vraiment aller vers les ambitions du PSE. De ce point de vue-là, les discussions étaient de haute facture et nous avons un plan qui avoisine les 14.000 milliards, un peu moins de 15.000 milliards pour justement booster des secteurs prioritaires tels que l’agriculture, le tourisme etc. Vous savez que personne n’aurait cru aujourd’hui que le monde s’arrêterait. C’est ce qui s’est passé avec la Covid-19. Tous les pays ont fermé leurs frontières et on a demandé aux populations de rester chez elles. Donc, personne n’aurait imaginé ce cas de figure. Et si cela peut se faire qu’en sera-t-il de notre souveraineté alimentaire, pharmaceutique ? Parce qu’il s’agissait de se soigner, de se nourrir. Toutes ces questions étaient à la base de ces nouvelles orientations politiques que le président Sall a pris en rapport avec l’ensemble des acteurs concernés par les sujets.

Pour réussir cette relance, ne pensez-vous que la population doit être impliquée ?

Oui la population est à la base de toute politique parce qu’elle est actrice et elle est également bénéficiaire. Donc, forcément la population est impliquée à travers les différents secteurs. Quand vous parlez d’agriculture c’est les organisations paysannes entre autres. Ce sont donc les populations à partir de leurs secteurs d’activité qui sont forcément impactées par les programmes. Et quand je disais que tous les acteurs étaient présents, c’est d’abord les organisations professionnelles mais c’est également la société civile, c’est également la presse. C’est tout le monde confondu qui fait le Sénégal aux côtés de l’Etat.

Vous êtes à la tête du ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire. Quel rôle votre département doit jouer dans cette relance ?

Il faut dire qu’au Sénégal, la microfinance a enregistré d’importants progrès. Ce sont des avancées qui ont été notées grâce à la forte adhésion des populations aux systèmes financiers décentralisés parce que justement la microfinance est un outil d’inclusion. Cela doit permettre aux groupes vulnérables, aux personnes qui ont des moyens modestes ou que ce soient des moyens matériels ou financiers à même de contribuer de par leur profil à la création de richesses. Donc, il y a un système bancaire classique qui est là mais qui ne peut pas s’ouvrir à toutes les diversités de nos populations. Et pour pallier à cela, l’Etat du Sénégal a misé sur le secteur de la microfinance. Aujourd’hui, nous avons un secteur qui polarise plus de 3.500.000 de membres. Le secteur de la microfinance avec ses 303 institutions de microfinance injecte environ 35 milliards le mois dans ce secteur-là. C’est dire que c’est d’une importance capitale. Ça, c’est le premier élément mais le deuxième c’est qu’aussi les cibles qui sont dans ce secteur de la microfinance que ce soient les femmes, les jeunes, les organisations, l’entreprenant de manière générale, cette cible-là est fortement affectée par la pandémie. Puisque cette pandémie-là avait occasionné des mesures d’urgence qui ont fortement impacté l’activité économique de cette cible où nous trouvons plusieurs acteurs du secteur informel. Donc, la microfinance doit jouer un rôle capital dans le cadre de cette relance. Parce que comme je l’ai indiqué tantôt, les politiques publiques sont destinées aux populations. C’est donc une population importante qui est concentré au niveau de ce secteur-là. Il faudra nécessairement les prendre en compte et c’est ce qui est fait puisqu’une part conséquente du budget de la relance sera à travers les différents mécanismes qu’à l’état sera mis à la disposition des populations à travers les systèmes financiers décentralisés. Maintenant, nous-mêmes nous nous attèlerons au niveau du ministère à faire en sorte que les offres de service pour la relance puissent vraiment répondre aux réalités économiques. C’est pourquoi nous avons créé des instruments comme le fond national de la microfinance (FONAMIC) qui, nous l’espérons s’il est doté correctement et s’il y’a une cohérence d’ensemble dans l’action institutionnelle pourra beaucoup impacter sur la relance notamment sur la question des taux d’intérêt qui est une préoccupation majeure du chef de l’Etat.

 

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