Lutte contre l’exclusion financière : le rôle de la microfinance mis en exergue

  Source: Mamadou SY - http://www.lesoleil.sn/   |     22 Juil 2016 01:07

Dans la lutte contre l’exclusion financière au Sénégal, la microfinance joue un grand rôle, selon le représentant du directeur de la Microfinance, Waly Clément Faye. Il participait à une rencontre sur le rôle de la microfinance dans la lutte contre l’exclusion financière des populations organisée par le Laboratoire de recherches économiques et monétaires (Larem) en partenariat avec le Centre d’études supérieures en gestion (Cesag). M. Faye a assuré que le secteur demeure un levier de promotion des couches défavorisées.

Compte tenu du rôle qu’elle joue dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion financière, la microfinance au Sénégal demeure un levier de promotion des couches défavorisées et de lutte contre la pauvreté, a estimé le représentant du directeur de la Microfinance, Waly Clément Faye. Il a souligné que l’Etat du Sénégal qui travaille depuis 30 ans sur ce secteur, a mis en place des stratégies de développement qui ont abouti à des résultats satisfaisants. En termes de développement des capacités institutionnelles et techniques de la microfinance, le Sénégal compte actuellement 8 institutions de base et plus de 300 institutions minimes couvrant l’ensemble du territoire national. Toutefois, M. Faye a précisé que la microfinance doit faire face à de grands défis comme ceux de la gouvernance, du renforcement de la surveillance et de l’inclusion financière du secteur. Le Sénégal travaille également à mettre en place un cadre juridique favorable à l’innovation et à l’introduction de nouvelles technologies à la finance, telles que le mobile banking ou la finance digitale.

D’ailleurs, le gouvernement vient d’adopter une nouvelle stratégie de développement de la microfinance et des mesures ont été prises pour l’amélioration qualitative et quantitative du système financier décentralisé.

Pour le directeur du Cesag, le Pr Boubacar Baïdary, la microfinance est un thème d’actualité sur lequel son institution travaille depuis quelques années. Il a assuré que cette thématique interpelle tout le monde compte tenu de son importance dans la lutte contre l’exclusion financière des populations.

Selon lui, les pays de l’Afrique de l’Ouest ont connu une croissance économique qui n’est pas totalement partagée. Il fallait donc créer les conditions pour que cette croissance soit partagée pour un développement inclusif.

Le Pr Jean Michel Servet a, de son côté, averti qu’il y a une illusion entretenue par les décideurs sur la demande de microcrédit puisque dans le monde, 70 % des prêts contractés auprès des systèmes financiers décentralisés ne financent pas les activités productrices. « Il y a un creux bancaire sérieux dans l’accès aux services financiers d’une grande majorité de clients potentiels chez les populations les plus démunies », a-t-il déclaré. M. Servet de noter qu’indépendamment de quelques succès, les crédits octroyés par le microcrédit ou la microfinance sont le plus souvent utilisés pour créer des besoins que pour financer des activités productrices.

Bien que, dans de nombreux cas, le microcrédit peut constituer un outil efficace de lutte contre différentes formes d’exclusion, mais à lui seul, il ne peut constituer une panacée pour les exclus des services financiers, a-t-il indiqué.