Micro finance au Sénégal : Le taux de pénétration est passé de 5,75 % en 2003 à 15,24 % en 2013

  Source: Serigne Mansour Sy CISSE - LESOLEIL.SN   |     11 Juin 2014 09:06

Le secteur de la micro finance n’est pas à négliger, selon madame Aminata Tall qui présidait hier, une réunion internationale sur les systèmes financiers décentralisés.

La neuvième réunion annuelle de la Convention du groupe de travail sur la performance sociale des institutions financières décentralisées de micro finance (Imf) s’est ouverte avant-hier, à Dakar. Venue présider la rencontre, la présidente du Conseil économique, social et environnemental (Cese), Mme Aminata Tall, a magnifié l’intérêt de la micro finance qui a également amené l’Etat du Sénégal à créer, en 2003, un ministère et une direction spécialement dédiés à la promotion et au développement de ce secteur, à côté de la structure ministérielle de suivi du ministère de l’Economie et des Finances. « Plus de dix ans après, l’on peut affirmer, avec assurance, que ce fut un choix payant. J’en juge par la forte amélioration du niveau d’inclusion financière dans notre pays (augmentation du taux de pénétration de la micro finance qui est passé de 5,75 % en 2003 à 15,24 % en 2013), rendue possible par l’expertise de la direction de la micro finance », a confié la présidente du Cese. « Ces avancées notées au niveau institutionnel, combinées aux efforts inlassables de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), mais aussi des partenaires techniques et financiers pour accompagner ce secteur, sont à la base du développement fulgurant du secteur de la micro finance ces vingt dernières années, faisant de notre zone monétaire l’une des régions les plus dynamiques de la planète », a poursuivi Mme Tall. D’après elle, en 2012, par exemple, et selon les statistiques de la Bceao, les institutions de micro finance des huit pays de l’Uemoa comptaient près de 12 millions d’usagers répartis dans 4.836 points de services. « L’épargne collectée auprès de la clientèle se chiffrait à 682 milliards de FCfa pour un portefeuille de prêt de 647 milliards de FCfa », a-t-elle ajouté.

Ces chiffres témoignent du poids et du rôle de plus en plus important des institutions de micro finance dans le financement de l’économie à travers la prise en compte des besoins des populations rurales, du secteur informel et des micros, petites et moyennes entreprises, a poursuivi Mme Talla.

Le rapport 2013 de l’Etat de la campagne du Sommet du micro crédit par rapport à la vulnérabilité montre que les prestataires de services de micro finance ont desservi moins de personnes vivant dans l’extrême pauvreté en 2011 que par rapport à 2010. « Ainsi, entre ces deux dates, on est passé de 137 millions de clients considérés comme très pauvres, à 125 millions », a déclaré Mme Tall avant de confier que la micro finance est à un tournant historique de son jeune parcours.

De son côté, Mamadou Lamine Guèye, président de l’Association professionnelle des Systèmes financiers décentralisés (Sfd), a salué l’opportunité de cette conférence qui montre les pas qualitatifs franchis. Pour lui, cette conférence est une occasion pour réfléchir sur une micro finance viable et durable. Ce qui a nécessité la venue de 58 pays et mobilisé plus de 300 participants. Ousmane Thiongane, président du réseau africain de micro finance, a suggéré une dynamique de changement pour mieux promouvoir la performance sociale.