MICROFINANCE ET LUTTE CONTRE LA PAUVRETE : Impacts imperceptibles

  Source: Daouda GUEYE - SUDONLINE   |     03 Déc 2012 01:12

Malgré des progrès notoires, l’impact de la microfinance dans la lutte contre la pauvreté n’est pas assez perceptible, malgré l’extension des services financiers. C’est le constat partagé par les acteurs et les décideurs à l’occasion de la deuxième édition des Journées de la microfinance, ouvertes hier, jeudi 29 novembre à Dakar. En attendant les recommandations des ateliers centrés sur le thème « microfinance et atteinte des OMD », des voies d’innovations ont été esquissées par les bailleurs et les représentants de l’autorité publique

A l’occasion de la cérémonie d’ouverture hier jeudi 29 novembre de la deuxième édition des Journées de la microfinance, le secrétaire général du ministère de la Femme a invité les acteurs du secteur à « revoir » le format de leur manifestation en l’élargissant aux autres segments de la société plutôt que de rester dans le cadre d’atelier entre intervenants du secteur de la microfinance. « Le format doit être revu. En lieu et place des ateliers entre acteurs, il gagnerait à s’ouvrir vers les autres milieux, comme les universités, le monde rural et impliquer les élus locaux, les parlementaires…. ».

Revenant sur le thème des journées centré sur la contribution de la micofinance à l’atteinte des OMD, le représentant du gouvernement a reconnu que « l’accès aux services de la microfinance n’a pas d’impacts significatifs sur l’égalité des sexes et il est difficile de quantifier cet impact sur la qualité de vie des populations. »

Un point de vue partagé par Mme Madina Diop du sous-groupe des bailleurs selon qui, « malgré l’extension de la microfinance la pauvreté persiste ». Ce qui l’amène à se poser la question de savoir si cette croissance du secteur a réellement induit un changement dans la vie des gens ?

Toutefois, rassure t-elle, le groupe consultatif d’assistance aux pauvres a montré que la microfinance, par le biais des services financiers, peut contribuer à l’atteinte des OMD. En tenant compte des activités génératrices de revenus et au développement de l’entreprenariat qu’elle soutient, la microfinance peut être un outil efficace de réduction de la pauvreté, en promouvant l’auto-emploi.

La microfinance, en permettant aux pauvres d’accéder aux services financiers, permet de générer des revenus et de sortir du cycle de la pauvreté, d’investir dans l’éducation et faire face aux dépenses de santé.

Pour cela le secteur doit se repositionner eu égard aux dérives des institutions de microfinance, en remettant l’individu au centre des préoccupations et de l’analyse de la demande. Dans cette optique, elle suggère de diversifier l’offre, réduire les coûts grâce à la professionnalisation et l’utilisation d’innovations technologiques. Il faut également intégrer et suivre les indicateurs sociaux mais aussi et surtout protéger les clients par l’adoption des principes et outils pour la promotion d’une finance responsable.

Pour sa part, la directrice de la réglementation et de la surveillance a invité les acteurs du secteur à « élaborer des stratégies aptes à rompre le piège de la pauvreté ». Dans son intervention le président de l’association des professionnels des systèmes financiers décentralisés à mis l’accent sur la baisse de l’indice de pauvreté au Sénégal qui est passé de 57% en 2001 à 47,6% en 2011. Néanmoins, Ousmane Thiongane reconnait que « ces progrès ne doivent pas occulter les drames quotidiens qui nous rappellent que la cadence n’est pas assez rapide. »

C’est pourquoi il souligne que les efforts nécessitent « l’engagement de tous les segments de la société et le secteur de la microfinance entend bien jouer sa partition. » D’ailleurs, assure t-il, « ces journées permettront d’affiner les démarches méthodologiques pour mesurer les impacts et disposer de données chiffrées. » Ces journées de la microfinance se poursuivent jusqu’au 1er décembre prochain.