« On ne doit pas lutter contre la pauvreté, on doit la vaincre »

  Source: Ousmane Demba KANE - SUDONLINE.SN   |     05 Juin 2014 09:06

La 9ème Conférence internationale du groupe de travail sur la performance sociale (SPTF) a été présidée dans un hôtel de la place hier par la Présidente du Conseil économique, sociale et environnementale. Cette dernière est longuement revenue sur le rôle que pouvaient jouer les institutions de microfinance pour éradiquer la pauvreté.

« On ne doit pas lutter contre la pauvreté, on doit la vaincre en faisant en sorte de toucher les cibles qui doivent être ciblées, c’est-à-dire le public pertinent » a déclaré Aminata Tall s’exprimant ainsi à l’occasion de la 9e Conférence internationale du groupe de travail sur la performance sociale (SPTF).

Cette conférence qui a été présidée hier par la Présidente du Conseil économique, sociale et environnementale (Cese) a permis à cette dernière de revenir sur l’importance des cibles que doit toucher la performance sociale : « Le secteur de la microfinance est un secteur particulièrement important pour le développement de nos pays en ce sens qu’il y a plus de deux milliard de personnes qui sont touchées par la pauvreté » a-t-elle déclaré. Et de poursuivre : « C’est par la microfinance que nous pouvons intégrer le système de chacun de nos pays respectifs avec nos valeurs et faire en sorte qu’il y ait une certaine inclusion dans la démarche en approchant les cibles les plus vulnérables notamment les femmes, les jeunes et les handicapés également pour qu’ils puissent bénéficier de micro crédits, créer de petites entreprises et améliorer leur condition de vie. De ce point de vue, le système de la microfinance a son opportunité dans le système de toute politique de développement ».

La présidente CESE exhorte les membres de ce groupe de travail à prendre en compte certaines considérations pour une plus grande efficience de leurs actions : « De ce point de vue nous avons insisté sur la notion des paradigmes qui souvent mettent en priorité et en valeur des garanties matérielles ne tenant pas compte de nos spécificités culturelles et de nos valeurs immatérielles et c’est dans ce cadre là que j’ai évoqué le fameux exemple du projet du Fond social de développement qui a connu une réussite avec une baisse du taux de garantie, d’une accessibilité garantie en nature et de l’honorabilité qui n’a pas de prix ».

La performance sociale permet selon les organisateurs de cette 9e conférence de replacer la microfinance au cœur des objectifs de développement. Raison pour laquelle Mamadou Lamine Gueye le président de l’association des professionnels des systèmes financiers décentralisés du Sénégal (Apsfd) affirme qu’ : « Il s’agit tout simplement de professionnaliser les institutions de microfinance en mettant à leur disposition un certains nombre de stratégie, un certain nombre de mécanismes et d’outils leur permettant d’aligner leur pratique à leur mission originelle, leur mission sociale».

Mamadou Lamine Gueye relève néanmoins que le secteur de la microfinance ayant connu des critiques qui peuvent « être fondées ou pas sur la démarche des institutions de microfinance », il était nécessaire former les institutions pour une meilleure adéquation de leur pratique avec leur mission sociale.

Cette Conférence internationale du groupe de travail sur la performance sociale est la première du genre en Afrique d’où la fierté de la présidente du Conseil économique et sociale que le Sénégal soit choisi pour l’abriter.