Un rapport préconise le recentrage des fonds de soutien aux jeunes

  Source: SAB/BK / APS   |     23 Déc 2013 10:12

Dakar, 23 déc (APS) – Avant la décision du président Macky Sall de regrouper les agences de promotion de l’emploi des jeunes, pour l’optimisation de leurs interventions, des professionnels de la microfinance ont également demandé la réorganisation des fonds publics de soutien à la jeunesse, lit-on dans un rapport parvenu lundi à l’APS.

Lundi dernier, le chef de l’Etat annonçait la fusion des activités de l’Agence nationale pour l’emploi des jeunes (ANEJ), de l’Agence pour l’emploi des jeunes des banlieues (AJEB), de l’Agence nationale d’appui aux marchands ambulants (ANAMA) et du Fonds national de promotion des jeunes (FNPJ).

« L’AP/SFD (Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés) préconise la rationalisation des fonds étatiques intervenant dans le financement des jeunes et la capacitation de ce segment de population en gestion et en éducation financière », indique le dernier rapport du Comité national de coordination des activités de microfinance (CNC).

Dans ce rapport de la 22e réunion trimestrielle du CNC, le cadre de concertation des acteurs de la microfinance préconise l’optimisation des interventions des structures publiques mises en place pour prendre en charge la promotion, l’encadrement et le financement de l’emploi des jeunes.

Tenue fin octobre dernier cette réunion a porté ses réflexions stratégiques sur le thème suivant : « Microfinance et entreprenariat jeunes : état des lieux et mesures pour renforcer l’accès durable des jeunes à des services financiers adaptés ».

« Le nombre de jeunes financés par les SFD s’établit à 50.000, les crédits consentis se chiffrent à 26 milliards francs CFA et l’épargne mobilisée auprès de ce segment estimé à près d’un milliard de FCFA », pendant ces cinq dernières années, signale le rapport du CNC.

Cependant, ce document relève que « malgré ces résultats, les SFD éprouvent beaucoup de difficultés avec le segment des jeunes ». Il cite l’absence de garanties, l’inexpérience dans l’activité et la méconnaissance des prestataires de services financiers de la part des clients jeunes.

Selon le rapport, le CNC recommande « une plus forte articulation entre les services financiers et les services non financiers aux jeunes ». Dans ce sens, les membres du comité ont reçu un écho favorable de la part du chef de l’Etat, qui a annoncé des mesures appropriées.

Pour leur part, les professionnels de la microfinance souhaitent faire un état des lieux exhaustif par rapport au thème afin de déboucher sur des recommandations opérationnelles qui permettraient de relever durablement le niveau d’accès des jeunes aux services des SFD.

Ses membres invitent à accompagner les SFD dans la diversification et l’adaptation de l’offre au profit des jeunes et la mise en place de mécanismes de financement innovants et soutiennent que des produits de la finance islamique constituent dans ce sens une opportunité.

Les acteurs de la microfinance plaident aussi pour un meilleur suivi au niveau des SFD et des banques, des indicateurs liés à l’accès au financement des jeunes aux services financiers, tout en travaillant à faciliter l’accès de ces institutions à des ressources à moyen et long termes.

« La BCEAO a révélé que la possibilité pour les SFD d’accéder directement à son guichet refinancement pourrait être envisagée en 2015 », révèle le CNC qui encourage les dispositifs de capital risque et prises de participation pour accompagner les jeunes porteurs de projets innovants.

Les acteurs de la microfinance comptent également développer des plateformes de collaboration avec les établissements d’enseignement supérieur et de formation professionnelle pour accompagner les jeunes porteurs d’initiatives économiques.

Aussi envisagent-ils d’intensifier les actions d’éducation financière en faveur des jeunes, mais aussi de « mieux segmenter la clientèle jeune, car, estiment-ils, les besoins des 25-35 ne sont pas les mêmes que ceux des 15-24 ans ».

Selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), 63,4% des Sénégalais ont moins de 25 ans, 75% sont âgés de moins de 35 ans et 50,6% sont constitués de femmes. La population potentiellement active est en hausse, se situant à 53,8% en 2011 contre 52,8% en 2005.

Institué depuis le 20 octobre 2006, le CNC regroupe le ministère en charge de la Microfinance, le ministère de l’Economie et des Finances, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), l’AP/SFD, l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (APBEF), les partenaires techniques et financiers et la société civile.